(littéralement Le Credo de l'assassin : les Chroniques d'Altaïr) est un jeu vidéo d’action développé par Gameloft Bucarest et édité par Ubisoft, sorti en 2008 sur Nintendo DS. Il s’agit de la préquelle du jeu vidéo Assassin's Creed.
délaisse l’aspect « science-fiction » du premier épisode : les thématiques et les décors, plus orientés vers la fantasy, le rapprochent presque de l’univers de Prince of Persia. Le jeu explore le passé du jeune Altaïr avant les événements du premier Assassin’s Creed. L’histoire et le personnage sont simplifiés, la trame de rédemption et l’univers de science-fiction liés à Desmond Miles et Abstergo étant laissés de côté.
Le jeu, qui alterne des phases de plates-formes et d’infiltration et des phases de combat, exploite les possibilités de l’écran tactile et du microphone.
Annoncé en même temps que les versions sur consoles de salon, cet épisode sort finalement plus tard, sur Nintendo DS, et reçoit un accueil mitigé de la part de la presse spécialisée. Les critiques soulignent les limites techniques liées au support portable, notamment une cadence d’affichage instable ou des problèmes de maniabilité qui nuisent à la fluidité des phases de parkour et des combats. Malgré ces défauts, certains commentateurs apprécient la qualité des décors en 3D et la musique d’ambiance, qui contribuent à l’atmosphère médiévale.
Le jeu est porté en 2009 sur iOS puis en 2010 sur Android et Windows Phone conservant globalement les mêmes forces et faiblesses que la version originale.
Trame
Contexte
1190, la troisième croisade fait rage sur la Terre sainte. Les Croisés se battent contre les Sarrasins pour le contrôle de Jérusalem, la Ville Sainte.
Un jeune assassin revient chez lui après un dur voyage et est chargé par ses aînés de trouver et rapporter un objet sacré : le Calice. Ce trésor aurait le pouvoir d’unir sous un même drapeau toutes les factions. Quiconque le posséderait, que ce soit les Croisés ou les Sarrasins, pourrait ainsi mettre un terme à la troisième croisade par la victoire d’un des deux camps. Mais le Calice est un objet bien trop puissant pour être laissé entre les mains des hommes : il doit être trouvé et détruit.
Cette préquelle d’Assassin's Creed intègre deux nouvelles villes par rapport à son prédécesseur, Tyr et Alep, et en supprime une, Masyaf. Elle délaisse également toute la partie « science-fiction » du premier opus.
Synopsis
Altaïr, de son vrai nom Altaïr Ibn-La'Ahad, est un assassin de l'époque de la troisième croisade. Rafik, marchand de soie et chef du bureau des Assassins à Damas, lui apprend qu'un marchand du nom de Tamir, chef des Sarrasins, est en relation avec les Templiers.
Altaïr interroge Misbah, un homme en connexion avec Tamir. Ainsi, il peut retrouver ce dernier. Il apprend, avant de le tuer, que le Calice est gardé dans le Temple du Sable et qu’il a besoin de trois clefs pour entrer. Il obtient la première auprès de Tamir. Altaïr rend ensuite visite à une danseuse de cirque, Fajera. Celle-ci semble détenir des renseignements cruciaux mais elle s'enfuit. Une fois celle-ci rattrapée, Altaïr doit tuer un Templier du nom d’Alaat qui la protège. Ce n'est qu'ensuite que la danseuse lui apprend que la seconde clef se trouve dans l’hôpital des Templiers à Tyr.
Il parle alors à un confrère assassin de Tyr, Hamid, et apprend que Roland Napule, à la tête de l’hôpital, possède probablement la clef. Après avoir traversé les égouts, Altaïr assassine Roland et récupère la clef auprès d’un prisonnier subissant un interrogatoire. Il voyage alors vers Jérusalem et parle avec Kadar qui lui apprend que le chef des Templiers, Basilisk, est dans le palais royal de la Ville Sainte et qu’il possède la troisième clef. Après avoir infiltré le palais avec l’aide de l’un des hommes de Kadar, Altaïr combat Basilisk et lui prend la clef.
Mais, à son retour à Tyr, les Templiers attaquent Hamid et volent la carte du Temple du Sable. Altaïr les prend alors en chasse jusqu’à leur tour et, après avoir atteint le haut de celle-ci, tue le maître de la tour pour lui reprendre la carte. L’assassin part alors pour le Temple du Sable et se fraie un passage jusqu’à la salle du trésor. Mais il n'y trouve qu'un coffre vide et Basilisk qui lui rit au nez. Après avoir échappé à l’effondrement du temple, Altaïr repart pour Tyr.
Hamid lui explique comment infiltrer le château où se trouve Basilisk. Altaïr part le combattre et le blesse gravement. Son adversaire lui révèle alors que le Calice est en fait une femme de Jérusalem nommée Adha et que les Templiers sont en train d’assiéger la ville de Saint-Jean-d’Acre, sur la route de la Ville Sainte. Altaïr y part, infiltre le camp des Templiers et y tue le commandant. Il se rend ensuite à Jérusalem où il sauve Adha et apprend que les Templiers ont acheté le commandant en second des assassins, Harash. Altaïr va donc à Alep, dans la forteresse des Assassins, pour tuer Harash. À ce moment, Basilisk capture Adha et l’emmène au port de Jérusalem. Altaïr parvient à les rattraper et tue Basilisk sur son bateau. Mais Adha est sur un autre bateau qui fuit avant qu’Altaïr ne puisse l’atteindre. Finalement, contraint d’abandonner la poursuite, le jeune assassin se fait le serment qu’il retrouvera Adha.
Lieux notables détaillés
conduit le joueur à travers plusieurs cités du Moyen Orient médiéval dans le cadre de sa quête du calice. Le protagoniste Altaïr visite notamment Damas, Jérusalem et Acre, déjà présentes dans le premier Assassin’s Creed, ainsi que Tyr et Alep, qui sont introduites pour la première fois dans cet épisode spin‑off.
Système de jeu
Généralités
sert de préquelle au premier Assassin’s Creed, en se concentrant sur le jeune Altaïr avant ses aventures au Temple de Salomon. Sur Nintendo DS, le jeu simplifie le personnage et l’intrigue : il s’agit principalement de retrouver une relique templière, un calice, tandis que la trame de rédemption et l’univers de science-fiction de Desmond Miles et d’Abstergo sont laissés de côté. L’objectif est de rattacher le titre à l’univers d’Assassin’s Creed, tout en adaptant le et la narration à une expérience linéaire sur console portable.
Système de niveaux
Le jeu se découpe en plusieurs niveaux correspondant chacun à une ville visitée dans le scénario. Une fois le jeu terminé, le joueur a accès à un mode de difficulté supérieur. Il y a trois niveaux de difficulté, mais il n'y a qu'un seul emplacement de sauvegarde, ce qui oblige à perdre sa progression si l'on souhaite refaire un niveau avant de terminer l'aventure.
Phases de plates-formes et infiltration
Les phases de plates-formes d’ constituent les seules phases d’infiltration du jeu : il s’agit de passer par les toits ou les bas-fonds des villes pour ne pas être repéré par des gardes. Cet aspect « infiltration » est donc bien moins développé que dans Assassin's Creed où l’environnement n’est pas linéaire mais ouvert et où la gestion des foules est beaucoup plus poussée. La furtivité est réduite, les assassinats se limitent souvent à approcher l’ennemi et appuyer sur un bouton.
Le jeu est un mixte entre 2D et 3D. Il se joue à l’aide d’une vue de trois quarts selon un défilement horizontal. Celle-ci n’est pas fixe, il y a parfois des effets de zoom ou de rotation. Le joueur dispose, sur l’écran tactile de la console, d’une carte pour s’orienter dans le niveau, repérer les éléments clés du jeu et voir le parcours des ennemis.
Le chemin que le joueur doit suivre pour atteindre la fin du niveau est marqué par des orbes. Ceux-ci, une fois collectés, permettent d’acheter des compétences dans le menu « Améliorations » (orbes bleus) ou d’augmenter la barre de vie (orbes rouges). Le chemin est également parsemé de checkpoints où ont lieu les sauvegardes automatiques.
Lors de ces phases, le joueur doit parfois souffler dans le microphone pour avoir accès, par exemple, à des coffres au trésor enfouis sous le sable.
Le jeu souffre toutefois de commandes peu réactives, de mouvements saccadés et d’une signalisation parfois insuffisante, nécessitant l’option « indices » pour guider le joueur dans certains passages.
Phases de combat
Les combats se concentrent sur des duels un contre un : blocages, contres et combos permettent d’éliminer les ennemis, tandis que les assassinats furtifs sont réduits à une approche directe. Pour cela, le joueur a accès à sept armes à partir du menu « Inventaire » (lame rétractable, épée, arbalète, explosifs, fumigènes, couteaux de lancer…). Les combats s’effectuent à l’aide de combos, alternances de coups légers et de coups forts par exemple, et peuvent être écourtés par des événements contextuels (pousser un ennemi d’un toit par exemple). Le personnage doit aussi affronter des boss.
Mini-jeux
En marge des phases de jeu principales, propose des mini-jeux. Leur résolution permet de progresser dans l’aventure en récupérant des clefs ou en pratiquant des interrogatoires. Contrairement aux phases de jeu principales, ces mini-jeux n’exploitent que les capacités tactiles de la Nintendo DS.
Le premier mini-jeu consiste à récupérer furtivement des clefs, et ce, en temps limité. Le joueur doit déplacer la clef à l’aide du stylet hors de la bourse du personnage visé sans toucher les autres objets parfois mouvants contenant la bourse. Il doit préalablement fouiller les bourses, c’est-à-dire balayer l’écran tactile avec le stylet pour en dévoiler l’intérieur.
Le deuxième mini-jeu consiste à appliquer des pressions sur des points précis du corps d’un personnage selon un timing précis (indiqué par des cercles se rétrécissant) pour forcer celui-ci à parler. Ce mini-jeu reprend le gameplay du jeu Osu! Tatakae! Ōendan, le rythme musical en moins.
Développement
La version Nintendo DS d’ est prévue plus d’un an avant sa sortie effective et doit initialement paraître en même temps que les versions sur consoles de salon de septième génération, en . Le jeu sort finalement le , fort du succès du premier opus. Il est d'ailleurs développé pour être une préquelle du premier jeu de la série.
Ubisoft, qui développe la version console de salon et PC via son studio montréalais, confie le développement de cet épisode à Gameloft Bucarest, qui s’occupe aussi des versions pour téléphone mobile de la licence. Bien qu'Ubisoft en reste l'éditeur, il est proche du studio de développement Gameloft fondé en 1999 par Michel Guillemot, cofondateur de la société Ubisoft.
Le studio, avec le développement sur Nintendo DS de Brothers in Arms DS, ainsi que via sa série N.O.V.A. à aquis une forte expérience en vue et design 3D. Cette vue sera reprise pour l’épisode sur téléphone portable, , mais pas pour la version de base, les contraintes techniques étant trop fortes.
Il existe aussi des contraintes d'ordre technique liées à la taille et à la puissance du support sur Nintendo DS. Gameloft sacrifie des possibilités par rapport à la version console de salon. Il décide de se concentrer sur deux aspects d’ : les assassinats et les acrobaties du personnage. Ces concessions ont non seulement une incidence sur le gameplay, mais également sur le plan esthétique où le souci de réalisme de l’univers n’a pas pu être aussi poussé que dans les versions consoles de salon. Ainsi, étonnamment, le jeu se rapproche plus en termes d’univers d’une autre licence d’Ubisoft, Prince of Persia, par un petit côté « fantasy » mais aussi par son aspect plates-formes prédominant.
Un développement non-officiel créé par la communauté sort sur PlayStation Vita en 2025, via un portage de la version Android.
Équipe de développement
La direction du projet repose sur une équipe structurée de Gameloft Bucarest : Bogdan Lucaci agit comme producteur et l’un des principaux concepteurs de jeu, tandis qu’Antony Faby occupe le poste de producteur délégué et Stanislas Dewavrin celui de directeur créatif ; la direction artistique est assurée par Arthur Hugot et la direction technique par Dragos Iftimi. L’équipe comprend aussi des responsables de design, de programmation et de création visuelle, notamment Bogdan Bucur (responsable programmation), Christophe Latour (responsables graphisme 3D et Istvan Kovacs (responsables graphisme 2D), ainsi que plusieurs designers et programmeurs qui contribuent aux niveaux, aux graphismes et au du titre ; la musique et le son sont dirigés par Mathieu Vachon.
Portage mobile
Une version pour iOS d' est également développée et édité par Gameloft. Sortie le , le jeu bénéficie de graphismes plus fins et d'un contrôle entièrement tactile, ce qui contraste avec la version sur Nintendo DS qui, pourtant doté d'un écran tactile, n'utilisait que peu ces fonctionnalités. Le jeu a obtenu un score moyen de 7.7/10 dans la presse spécialisée iPhone. Le jeu a notamment obtenu 9/20 sur Jeuxvideo.com mais 17/20 dans Jeux vidéo Magazine. Le jeu est sorti en 2009 et s'est classé des ventes de l'App Store en France, en Allemagne et au Canada ; au Royaume-Uni et aux États-Unis.
D'autres portages mobiles sont réalisés avec une version Android sortie le et une autre sur Windows Phone le .
Accueil
Critique
, dans sa version Nintendo DS, reçoit une moyenne agrégée de 58 % sur le site GameRankings. La version IOS reçoit quant à elle une moyenne de 73,83 %.
Tom East, dans sa critique pour l', souligne la difficulté de condenser l’expérience ambitieuse d’ sur Nintendo DS, ce qui entraîne de nombreuses concessions par rapport aux versions consoles. Le jeu conserve certains points forts, notamment des combats efficaces, des assassinats réussis et des séquences d’escalade visuellement impressionnantes, malgré une progression plus linéaire et des mécaniques d’infiltration simplifiées. Cependant, l’ensemble est fortement pénalisé par une cadence d’affichage instable, une caméra peu adaptée aux phases de parkour, ainsi que par de nombreux bugs et imprécisions de qui
rendent certaines séquences frustrantes et injustes. Le test conclut que le titre est prometteur mais globalement bâclé, faute de finition suffisante pour soutenir son ambition.
En France, Jeuxvideo.com salue ses graphismes détaillés et certaines séquences visuellement réussies, mais indique qu'il souffre d’un instable, de bugs de collision, de contrôles imprécis et d’une durée de vie courte, pouvant être terminé en quelques heures. La bande-son et l’ambiance musicale sont jugées correctes, et le scénario, bien que classique, offre un contexte cohérent en tant que préquelle. Globalement, le jeu est considéré comme prometteur mais inabouti, avec un potentiel limité par des contraintes techniques et une progression linéaire. Gamekult souligne que le jeu propose une adaptation techniquement honorable sur Nintendo DS, avec des décors détaillés et une certaine variété dans les phases de plateforme et de combat.
Toutefois, l’expérience est jugée largement affaiblie par une structure très linéaire, une caméra mal positionnée, une maniabilité imprécise et des problèmes de collisions. La durée de vie courte, combinée à de nombreux , réduit également le challenge, donnant l’impression d’un épisode simplifié qui peine à convaincre pleinement.
Les critiques regrettent la durée de vie limitée du titre, et ce en raison du faible nombre de missions et de l’absence de sauvegardes multiples qui auraient permis au joueur de reprendre un niveau au choix. Le deuxième point de reproche majeur est le gameplay qui souffre de faiblesses du point de vue de la maniabilité liés à des problèmes de caméra, de , de collisions et de prise en main. Est aussi reproché le caractère répétitif et limité des combats.
Certains notent de bons points tels un bon , une jolie 3D (décors, animations) ou une ambiance sonore correcte.
Finalement, les critiques déplorent la perte des atouts qui ont fait le succès d’. Certains sont plus indulgents et estiment que le cheminement psychologique d’Altaïr dans cette préquelle apporte quelque chose à la première aventure.
Ventes
Sur PlayStation 3 et Xbox 360, les ventes d' étaient respectivement estimées à et d’exemplaires. La version Nintendo DS, elle, ne connaîtra pas le même succès, se contentant de vendus selon les estimations aux États-Unis, l'un des principaux marchés.
Sources et vérification
Adapté de Wikipédia. Le texte appartient aux auteurs de l'article original et est disponible sous licence CC BY-SA 4.0. Tableaux, modèles et notes de bas de page supprimés ; Des liens vers la version originale et l’historique des révisions sont fournis ci-dessous.
Mise à jour du texte source: 2026-09-01